Raymond Vinciguerra et Véronique Autheman à la poursuite de Barberousse

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Le Dernier Hiver de Barberousse est un roman historique qui se déroule au XVIe siècle, durant l’hiver 1543, sous le règne de François Ier. Dans cet ouvrage où les petites histoire se mêlent à la grande, nous suivons trois personnages détonnants dans un périple partant de Toulon jusqu’à Paris, en traversant la Provence, pendant que Barberousse, amiral de l’empereur ottoman Soliman le Magnifique, séjourne dans le port de Toulon avec sa flotte, sous l’invitation du roi de France. À l’occasion de la réédition de ce roman, nous avons tenu à poser quelques questions aux deux auteurs, Véronique Autheman et Raymond Vinciguerra.
Véronique AuthemanRaymond Vinciguerra

Jean Marie Desbois : Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Véronique Autheman : Nous nous sommes rencontrés en 1989, lors des célébrations du bicentenaire de la Révolution Française, à l’occasion du spectacle : Le Procès de Marseille écrit et mis en scène par Raymond Vinciguerra et où j’ai assuré la partie de conseiller technique historique.
Raymond Vinciguerra : En 1989 j’ai reçu une commande d’écriture de la ville de Marseille à l’occasion du bicentenaire de la Révolution Française ; ce spectacle s’est joué sur le parvis du tribunal de Marseille sous le Haut patronage de Monsieur le Garde des Sceaux. J’ai fait pour l’occasion des recherches historiques. Véronique m’a été présentée pour m’accompagner dans ces recherches en tant qu’historienne.

JMD : Qu’est-ce qui vous a séduit chez l’autre, pour envisager de travailler ensemble ?
V. A. : Nos passions communes pour l’Histoire, l’Art, l’Italie (la Renaissance en particulier) et bien sûr… l’écriture romanesque…
R. V. : Un intérêt majeur pour l’histoire bien évidemment et une précieuse complicité intellectuelle.

JMD : Pourquoi cette collaboration ? Qu’a-t-elle apporté dans votre travail ?
V. A. : Nous avons toujours longuement parlé et échangé sur notre travail d’écrivain… Nous partageons le même amour de la langue et la même envie de raconter des histoires et de faire connaître notre histoire. Écrire à deux permet d’explorer plus de pistes d’écritures, donne plus de souffle et d’ampleur à l’histoire…
R. V. : Une force et une complémentarité joyeuses.

Le Dernier Hiver de Barberousse

JMD : Comment vous est venue cette idée ? Comment avez-vous travaillé ?
V. A. : Tout naturellement… En parlant et en lisant ensemble… Nous avons discuté sur cette histoire, écrit un synopsis puis commencé à écrire ensemble. C’est-à-dire, un de nous deux commence quelques pages d’écriture avec un maillage large et de nombreuses pistes narratives, puis l’autre entre dans ces pages, les complète, les corrige et y ajoute 3 ou 4 pages… Et la nave va…
R. V. : Nous sommes parti de cette “anecdote” historique sur Toulon, nous avons vu l’opportunité de suivre plusieurs destins entre la grande et la petite histoire et monter la proximité culturelle et mémorielle de différents pays de la Méditerranée. Puis nous avons utilisé un système que nous nommons le “ping-pong” : nous nous emparons de l’écriture en alternance ; notre grande complicité nous permet d’échapper au piège de l’égo, et enfin nous retravaillons le tout pour gagner en fluidité narrative et stylistique.

JMD : Pourquoi avoir choisi cette période historique et ces personnages en particulier ?
V. A. : Lorsque je travaillais à la traduction et l’édition critique de l’ouvrage De Laudibus Provinciae de Pierre Quiqueran de Beaujeu, j’ai découvert dans les décrets royaux conservés aux Archives Nationales ce fait renversant : en 1543, François Ier Roi de France demande aux habitants de Toulon de “déguerpir” et de laisser leurs maisons et leur ville à la flotte de Barberousse, amiral du sultan Soliman le Magnifique.
L’occasion romanesque était trop belle… Le roman était né !
R. V. : C’est une période complexe où les lignes bougent sans cesse : alliances, complots, le fait religieux et la raison d’état, une explosion artistique et intellectuelle… C’est aussi pour parler de la Renaissance qui est une période que nous affectionnons tous les deux. Les personnages sont naturellement venus à nous au travers des convulsions d’une époque formidablement riche ; c’est aussi le parcours d’individus dans l’intimité de leurs contradictions. Ils nous éclairent aussi sur un passé qui nous aide à comprendre le présent.