Marie-Caroline Pratt : “La culpabilité partout, dans tout…”

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Expatriée depuis bientôt deux ans dans une région lointaine et retirée du sud de l’Italie, Charlotte de Borin, une jeune Française docteur en littérature étrangère, semble embrasser une nouvelle existence dans laquelle elle tente tant bien que mal de tourner le dos à certaines heures d’un passé tourmenté et où le soleil peine à briller.
Sa rencontre avec M. Bradford, un Anglais taciturne vivant dans un lieu où des vapeurs de mort paralysent les habitants, viendra bientôt bouleverser la relation muette qu’elle entre­tient avec Alessandro.
Mais un jour arrive cette lettre… une lettre singulière, postée de Provence, qui la replonge en un temps tumultueux et déchiré et la renvoie à de profondes blessures…
Quand les souvenirs viennent hanter sa vie d’adulte, Charlotte part à la rencontre de ses plus sombres démons, d’autant que, désormais, son pays est loin, et le Petit Manoir aussi.
La découverte d’une vérité funeste pourra-t-elle enfin la libérer du joug du ressentiment ?
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L’auteur du Vernis orange, Marie-Caroline Pratt, originaire d’Aix-en-Provence, est docteur et chercheuse en histoire médiévale. Passionnée de littérature, elle évoque dans ce roman présenté par GénéProvence l’histoire douloureuse d’une jeune femme à la recherche d’elle-même. À l’occasion de la sortie de cette autobiographie romancée, puissante par les couleurs des sentiments et des paysages qu’elle évoque, nous l’avons rencontrée.

GénéProvence. Le Vernis orange apparaît comme une période de votre vie que vous avez voulu décrire. Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ce livre ?
Marie-Caroline Pratt. Un besoin de libération, de compréhension et de conclusion d’une certaine page de ma vie. Écrire cette histoire personnelle fut comme procéder à une autothérapie, lui donner un sens, une palpabilité. Un dénouement concrètement imaginé m’a permis de sortir d’une obsession de plusieurs années. Il était également question de revivre un passé heureux avec une personne très chère, aujourd’hui disparue. Écrire son nom, notre vie commune, et la retracer dans des sens divers m’ont autorisée à faire reparaître des instants que seule la mémoire peut ressusciter. C’était ré-entrapercevoir le bonheur…Se détacher du mal m’a fait accéder à la joie que la douleur avait cherché à effacer.

couv-vernis-orange-webGénéProvence. Quel est le moteur de vos obsessions ?
Marie-Caroline Pratt. La culpabilité. Elle était partout, dans tout.

GénéProvence. Vous employez le passé. Pensez-vous que cette même culpabilité vous ait aujourd’hui oubliée ?
Marie-Caroline Pratt. Disons qu’elle me laisse un peu de répit. La formuler l’a atténuée, adoucie. Je pense que suivre la voie de l’être aimé vous extrait, pour un temps tout au moins, de la souffrance et des regrets.

GénéProvence. Quelle est cette voie que l’autre aurait voulu emprunter ?
Marie-Caroline Pratt. Celle de la liberté. Celle qui sort de la normalité. Celle qui se base sur la sensibilité, l’émotion, le retrait du monde et l’obsession.

GénéProvence. Vous revenez sur l’obsession.
Marie-Caroline Pratt. Oui, car elle est un privilège producteur des plus belles choses.

GénéProvence. Mais aussi des plus mauvaises.
Marie-Caroline Pratt. Certainement, c’est pour cela qu’il faut savoir se détourner de ce qui vous enferre dans l’obscurité.

GénéProvence. Quelle est aujourd’hui votre obsession ?
Marie-Caroline Pratt. De préserver mon passé et d’éclairer mon futur.