Alexandre Dumont-Castells : “Ces hommes qui ont écrit l’histoire de cette vallée…”

facebooktwitterlinkedin
Tarif de souscription jusqu’au 17 juillet 2015 : 14,90 € au lieu de 19 €.
Pour commander ce livre au prix de souscription, cliquez ici.


GénéProvence publie le 18 juillet 2015 un ouvrage intitulé Les Baux et leur vallée (XVIe-XIXe siècles), leur terroir, leurs domaines et leurs gentilshommes. Traitant d’une époque fort peu évoquée (l’Ancien Régime) il resitue le village des Baux et de ceux de la Vallée (Maussane, Mouriès, Paradou, Fontvieille) à des époques restées dans la mémoire collective (Guerres de religion, Révolution française) comme des étapes décisives de la construction de la France. Nous avons rencontré l’auteur.

alexandre-dumont-castells-2

GénéProvence. – Vous publiez le 18 juillet 2015 le deuxième tome consacré à l’histoire des gentilshommes des Baux et de la Vallée des Baux sous l’Ancien Régime. Qu’a de si particulier cette période dans l’histoire des Baux ?

Alexandre Dumont-Castells. – Ce second ouvrage se place dans la continuité chronologique et historique du précédent volume publié et dédié à la famille des Baux et à ses alliés au Moyen Âge ; sur la même thématique, il traite des gentilshommes aux Baux et dans sa vallée dès le XVIe siècle à travers deux grandes périodes historiques que furent celles des Guerres de religion et de la Révolution française.

Les Baux et leur vallée

Cette particularité n’est pas que périodique ; elle est surtout politique. Bien après le dernier quart du XVe siècle, Les Baux et leur vallée entrent sous la domination des rois de France et de leurs barons usufruitiers. Si, dans le premier volume, l’histoire s’écrivit essentiellement avec une seule et même famille provençale dominante (qui fut celles des Baux, du haut de leur rocher), elle se diversifie avec celle des gentilshommes “gouverneurs-usufruitiers (nommés par les rois de France)” et de leurs viguiers. Dès 1642, elle s’affirme et se modèle avec les nouveaux marquis des Baux issus de la Maison des Grimaldi-Monaco. C’est le temps des érections en fiefs et en arrières-fiefs, de nouveaux seigneurs mineurs locaux essaiment dans la vallée à l’initiative des princes de Monaco. Les marquis des Baux n’inféodèrent jamais Les Baux et le terroir de Malacercis, terroir qui abritait les populations baussenques réformées et l’ancien Désert des Alpilles.

L’histoire des Baux et de leur vallée prit donc une tournure exceptionnelle avec ces seigneurs-majeurs monégasques ; elle fut inexorablement liée à celle de ces princes. Seul petit bémol, les marquis des Baux ne séjournèrent jamais sur le rocher baussenc, ce qui n’occulta nullement depuis lors l’intérêt des plus soutenus de la Maison de Grimaldi-Monaco pour leurs anciennes terres baussenques de la vallée.

GénéProvence. – Le village des Baux est lié à la famille régnante de Monaco, les Grimaldi. D’où cela vient-il ?

baux102

Alexandre Dumont-Castells. – Sise en partie en bas de vallon et essentiellement sur un promontoire rocheux calcaire, cette petite ville si particulière et sa vallée passèrent aux mains des princes de Monaco en 1642. Ce fut Louis XIII qui leva la baronnie des Baux en marquisat pour Honoré II de Grimaldi (1642-1662), prince de Monaco. L’origine s’explique par le traité de Péronne passé, en 1641, entre Louis XIII et Honoré II. Stratégiquement opportune, la seigneurie maritime de Monaco était occupée par une garnison de la couronne d’Espagne. Privé de son indépendance, Honoré II ambitionna de recouvrer son autonomie, son titre et de se placer sous la toute-puissance d’une monarchie protectrice. La couronne de France fut sollicitée.

En compensation des terres et des domaines que les Grimaldi avaient dans la péninsule italienne sous domination espagnole et qu’ils perdirent après l’intervention française, le prince obtint du roi de France la levée de la baronnie des Baux en marquisat, la cession du comté de Carladès, du duché de Valentinois, des baronnies de Calvinet et du Buis et de la seigneurie de Saint-Rémy.

baux131

GénéProvence. – La période de la Révolution a été particulièrement sanglante dans la Vallée des Baux comme vous l’expliquez dans votre livre. Qu’est-ce qui est à l’origine de cette violence ?

Alexandre Dumont-Castells. – Cette violence fut principalement incarnée par un homme, un gentilhomme : Jean-Baptiste Benoît Le Blanc de Servanes (1739-1822). Ce chevalier ambitieux, seigneur de Servanes, conseiller au parlement d’Aix (1759-1770) n’hésita pas, par opportunisme et machiavélisme, à renier sa condition au bénéfice de ses seuls intérêts que les troubles de la Révolution servirent. Ancien noble fieffé, peut-être par peur des représailles et pour conserver ses biens, ce calculateur se rallia dès la première heure à la Révolution. Politiquement, il siégea à l’extrême-gauche. Il prit place du côté de la Montagne et brigua toutes les fonctions qui pouvaient asseoir localement son pouvoir. Impétueux et batailleur, ami de Mirabeau, il combattit dans la vallée les privilèges féodaux du prince de Monaco, de son représentant local, Manson, et de ses gens.

baux121

Ses intrigues précipitèrent les actes sanglants et les représailles des Sans-culottes dans la vallée dès 1793, notamment avec le crime du berger Orèpe, la mise au pillage et à feu du domaine de Joyeuse-Garde. Son influence néfaste s’exerça surtout sur ses proches, sur un autre gentilhomme, celui qu’il choisit pour être son futur gendre et qui rejoignit la Révolution et son mouvement : le maire des Baux, Charles-François Joseph Manson de Saint-Roman. Aveuglé par son futur beau-père, le jeune homme n’ouvrit les yeux que bien trop tard et voulut rétablir le calme à la suite des exactions des Sans-culottes. Malheureusement, Manson de Saint-Roman fut massacré dans sa maison de campagne de L’Escampadou. Le Blanc fit pendre plus que les mis en cause et profita des lynchages pour faire éliminer certains de ses rivaux locaux.

GénéProvence. – Quelles familles des Baux et de leur vallée évoquez-vous dans l’ouvrage ?

 

Alexandre Dumont-Castells. – Elles sont nombreuses. Il est traité des seigneurs-usufruitiers de la baronnie des Baux, des marquis des Baux, des autres gentilshommes et des familles nobiliaires de la vallée tels que les Manville, les Laugier, les Privat, les Barrême, les Le Blanc, les Damian de Vinsargues, les Vincens de Servanes, etc.

GénéProvence. – À qui est destiné ce livre ?

 

Alexandre Dumont-Castells. – Tout d’abord, ce livre est destiné aux habitants et aux amoureux de la vallée baussenque, ceux qui désirent connaître ou se réapproprier l’histoire particulière de cette partie de Provence. Cet ouvrage est là pour rappeler à chacun que nul événement dramatique et heureux de notre grande Histoire ne taira ce que fut celle, certes plus modeste, de la vallée des Baux. Bien au contraire elle y contribua grandement. Quelle que soit leur condition, nous le devons avant tout à tous ces hommes qui ont contribué à écrire l’histoire de cette vallée et notamment à ces gentilshommes.

Tarif de souscription jusqu’au 17 juillet 2015 : 14,90 € au lieu de 19 €.
Pour commander ce livre au prix de souscription, cliquez ici.